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24 août 2006

Ségolène décortiquée

 Vu sur "http://politique.hautetfort.com" , merci confrères

 

Ségolène Royal

Records d'affluence battus, aujourd'hui, pour Ségolène Royal, invitée d'honneur de la 34e "Fête de la rose" de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), à une semaine de l'université d'été du Parti socialiste (PS). C'est la seconde fois qu'elle participe à ce rassemblement champêtre annuel. En 1993, la députée de la deuxième circonscription des Deux-Sèvres avait été conviée par le mitterrandiste Pierre Joxe, en tant que représentante des élus PS rescapés du naufrage de la gauche aux élections législatives. Cette fois, reçue par le turbulent Arnaud Montebourg, la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes est la favorite dans les sondages pour être, l'année prochaine, la candidate de son parti à l'élection présidentielle.

 

Que retenir du discours de Ségolène Royal ?

  • le dualisme droite-gauche : "Deux visions de la France et deux conceptions opposées de l'exercice du pouvoir, tel sera dans huit mois l'enjeu de l'élection présidentielle"
  • la volonté de s'apporprier des thématiques "délaissés par la gauche" : la "responsabilité individuelle", la "récompense de l’effort" et la réhabilitation de la "valeur travail". Autant de thèmes très présents dans les discours de... Nicolas Sarkozy ! Dans les pas de l'ex-PS Jean-Pierre Chevènement, elle avait déjà affiché sa volonté de ne pas laisser à la droite le monopole de la lutte contre l'insécurité. Ce week-end, elle s'est toutefois nettement démarquée du ministre de l'intérieur sur sa politique de "l'immigration choisie".
  • le respect - point commun avec François Bayrou - du vote des Français : "pas question de proposer à nouveau la ratification d'un traité constitutionnel que le peuple français a rejeté" et élaboration d'un nouveau texte "soumis à un référendum populaire"
  • la référence à François Mitterrand

 

Pour le reste, Ségolène Royal en a appelé à "l'unité des socialistes", affirmant : "Ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous sépare sur tel ou tel sujet". De fait, les ralliements à sa probable candidature à l'investiture se poursuivent :

  • Rénover maintenant d'Arnaud Montebourg
  • la majorité des membres du club Nouvelle Voix de Gaëtan Gorce et Jean-Louis Bianco
  • le maire de Dijon François Rebsamen, proche de François Hollande et numéro deux du PS, a affiché, ce week-end, au sein du couple socialiste, sa préférence actuelle pour Ségolène
  • enfin, le courant Nouveau PS de Vincent Peillon devrait, cette semaine, lui apporter également son soutien

 

Sur quelle ligne politique s'est opérée cette fusion entre anciens partisans du "oui" et du "non" au projet de constitution européenne, clivage révélateur, au-delà de l'enjeu européen, de la ligne de fracture, au sein du PS, entre sociaux-libéraux et anti-libéraux ? Mystère ! ..

Certains membres du courant d'Arnaud Montebourg, qui avait fait campagne pour le "non" à la Constitution européenne et refusé de signer la "synthèse du Mans" autour de François Hollande, émettent ainsi des doutes quant à la cohérence politique d'un tel ralliement.

 

Quant aux autres candidats à l'investiture du PS, ils n'ont pas baissé la garde durant l'été.

Qu'il s'agisse des candidats déjà déclarés à l'investiture :

Ou des "recours", qui misent sur une déchirure du parti pour se poser en garant ultime de son unité :

23 août 2006

La grande famille du PS

Après la provocation de M. Rebsamen vis à vis de DSK et de Jack Lang, la riposte s'organise, énergisant ainsi ceux que l'on croyait moribonds. 

 Florilège :

 Laurent Fabius, invité au 20 heures de TF1 mardi 22 août, a commencé à dévoiler sept propositions "de fond"  de sa candidature, promettant notamment d'augmenter le smic de 100 euros par mois dès son éventuelle arrivée au pouvoir. "Ce qui m'intéresse, c'est les positions de fond [...] parce que j'en ai un petit peu assez de ces généralités, parfois sympathiques, parfois antipathiques", a expliqué tout sourire Laurent Fabius

Lionel Jospin, de son côté, s'est déclaré "disponible", lundi, à l'occasion d'un déplacement à Santander en Espagne. Il rejette implicitement la place d'héritière de François Mitterrand revendiquée par Ségolène Royal dans son discours dimanche à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire). "François Mitterrand a participé à tous les combats, tous les débats de la gauche, il n'était pas le leader parce que cela lui avait été confié religieusement... Il considérait le parti comme essentiel", explique l'ancien premier ministre.  Et de commenter la situation du PS avec malice : «Si chacun disait ce qu'il pense, ce serait beaucoup moins feutré Le propos valait aussi pour lui-même.

 Pour le sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, le discours de Ségolène Royal dimanche à Frangy-en-Bresse, où elle a appelé au rassemblement dans la perspective de 2007, était de toute façon tellement "creux" et se situait à un tel "degré de généralités", qu'"il n'y a pas de débat possible". "Comme beaucoup de gens de gauche", poursuit-il "je serais déçu" si Mme Royal était investie par le PS. "Et mis au pied du mur. Je devrais faire la part entre mes convictions profondes et les contraintes de circonstance", lâche-t-il.

Un citoyen de gauche en colère

 Ségolène, sois belle et tais-toi !

... ou plutôt, sois comme tu veux, mais par pitié, tais-toi ! Lettre ouverte à Ségolène Royal.

Mme Ségolène Royal,

Avant toute chose, acceptez mes excuses pour la familiarité du titre de ce billet. Son seul but est d'être racoleur, je pense que vous comprendrez.

Ne vous y trompez pas, si je me permets de m'adresser à vous dans cette lettre ouverte, c'est parce que je vous aime bien. Enfin il serait plus juste de dire que je vous aimais bien jusqu'à vos récentes propositions en matière de sécurité.

Certes le citoyen de gauche que je suis vous a longtemps reproché de ne pas avoir de programme, de n'être qu'une invention des médias portée par des sondages favorables. Mais je vous aimais bien.

D'abord parce que vous incarniez un certain renouveau face aux éléphants de votre parti, ensuite parce que vous sembliez décidée à vous positionner clairement à gauche (vous aviez même osé égratigner Lionel Jospin en déclarant que votre programme serait socialiste), et enfin parce que vous êtes une femme et qu'à ce titre vous me sembliez en mesure de faire avancer un certain nombre de causes trop longtemps délaissées par vos machos de collègues (à commencer par la condition féminine).

Seulement voilà Mme Royal, à la lecture de vos propositions sur la sécurité je me rends compte que vous êtes... de droite. Le "ségolisme" n'a de socialiste que l'étiquette, ce n'est même plus du "blairisme", ça s'apparente plus à du "sarkozysme".

Vous proposez pêle-mêle:

  • Que dès l'école primaire les parents soient contraints à des "stages" dans des "écoles de parents" dès le "premier acte d'incivilité" de leur enfant.
  • Une "mise sous tutelle" des allocations familiales et un placement "d'office" en "internat-relais" pour les "perturbateurs qui pourrissent la vie" d'un collège.
  • De "créer le métier de 'tuteur de collège' pour faire faire du sport" à ces "perturbateurs".
  • Qu'au "premier acte de délinquance" les jeunes de plus de 16 ans soient placés "d'office dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier".

S'agit-il là vraiment de propositions de gauche? Pensez-vous vraiment, à l'instar de la droite la plus dure, que la répression envers les plus déshérités soit la solution aux maux engendrés par les injustices et les inégalités de notre société? N'est-ce pas trahir la gauche que de privilégier la répression plutôt que la lutte pour plus de justice sociale, la prévention et l'éducation? Que viennent faire les militaires dans vos propositions?

Si Sarkozy piétine les platebandes de Le Pen, vous, Madame Royal, piétinez celles de Sarkozy. Si vous étiez moins politiquement correcte, vous auriez pu - pourquoi pas? - proposer de couper la main droite aux voleurs, de lapider les femmes infidèles ou de "karcheriser" la racaille.

Je vous disais plus haut vous avoir longtemps reproché de ne pas avoir de programme, je commence maintenant à regretter que vous en ébauchiez un. Votre projet n'a rien de socialiste. Il commence à ressembler à un agglomérat de propositions populistes, recueillies sur votre blog. C'est branché, ça fait "djeunz", ça peut plaire aux bobos, mais ça commence à avoir une odeur nauséabonde.

Certes, "travail", "famille" et "patrie" ne sont pas des gros mots pris séparément, mais mis bout à bout ils rappellent de bien mauvais souvenirs.

Madame Royal, essayez de vous souvenir que ce qui a fait la grandeur de la gauche n'a jamais été de suivre le sens du vent. Laissez ce créneau à la droite ou ne vous étonnez pas d'être lâchée par l'électorat de gauche en 2007.

 

Ils disent vraiment beaucoup de conneries les gens de gôche mais c'est toujours amusant quand ils montent sur leurs grands chevaux et quand ils crient au lépenisme/pétainisme/fascime/nazisme/ etc... 

De l'influence des médias

  

C'est vraiment devenu n'importe quoi la campagne Royal  

 

Ségolène Royal, 6e femme
la plus sexy du monde

Elle arrive en sixième position du palmarès des "100 filles les plus sexy du monde", publié par FHM.

Ségolène Royal (AP)
Ségolène Royal (AP)
 

Selon un sondage CSA à paraître mardi 13 juin dans le mensuel FHM, Ségolène Royal arrive en sixième position dans le palmarès des femmes "100 filles les plus sexy du monde", rapporte le Parisien samedi 10 juin.
La candidate "possible" à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007 est classée derrière Adriana Karembeu, qui arrive en tête ou Angelina Joli (4e). Mais elle devance devant Loana (8e), Eve Angeli (27e) et Laetitia Casta (47e). Sophie Marceau (66e) et Monica Bellucci (91e) sont largement distancées par la présidente de la région Poitou-Charentes.

Sondage CSA réalisé du 2 au 5 mai auprès d'un échantillon de 485 hommes de 15 ans et plus.

Le discours du vide on l'a retrouvé

Le discours du vide

 

Vous le savez tous, les médias nous en ont suffisamment parlé..., Ségolène a livré dimanche à Frangy son premier grand discours de campagne.

Nous vous donnons l'occasion sur ce site d'en lire l'intégralité, afin de vous faire une idée  par vous même de son contenu et de ses idées forces.

Pour notre part, nous sommes frappés par la vacuité totale des propos de la présidentiable qui multiplie les généralités et n'offre aucune perspective de rupture au pays. Nous sommes d'avis que ce n'est pas sur cette base que pourra se développer le vrai débat auquel nous aspirons tous pour 2007.

Afin de vous mettre en appétit, quelques morceaux choisis...bonne lecture, et n'hésitez pas à réagir via les commentaires !

 

* les morceaux choisis : "Si je suis en situation, les femmes sauront que leur temps est venu pour plus de justice, mais aussi pour le plus grand bonheur des hommes"

"Le respect crée la confiance et la confiance nourrit le désir d’avenir"

"Je veux bâtir la République du respect qui fera des réformes justes car élaborées démocratiquement"

 

* le discours dans son intégralité...bon courage ! :

“Pardon pour les bousculades mais notre vaste mouvement est imprévu, il nous surprend, il nous comble. Il est encore artisanal et c’est aussi son charme. Les journalistes sont des partenaires nécessaires du débat public. La présence de la presse internationale montre que l’on s’intéresse à ce qui va se passer ici.

Une bataille décisive s’engage : il faut battre la droite. Non pas pour nous, mais pour redresser le pays et donner à chacun et chacune le droit de bâtir sa vie, avec des valeurs et des moyens de transmettre le progrès aux générations suivantes.

Pour repartir vers le haut, la France a besoin de tous ses talents, de toutes ses énergies, il est temps de partager avec les citoyens.

Les fêtes de la rose sont les fêtes de famille, une famille socialiste élargie avec les nouveaux adhérents et des générations de militants. Une famille moderne où l’on retrouve des sensibilités diverses qui partagent l’obligation d’actualiser l’héritage du combat socialiste.

En 1993, j’étais déjà venue à Frangy aux termes d’une défaite massive. Aujourd’hui, j’y reviens avec le souhait d’une belle victoire en 2007. Sur cette terre de F. Mitterrand. Je me souviens de cette leçon de lucidité, de ténacité, de courage qu’il nous donna lors du dernier conseil des ministres de 1993 où je siégeais comme ministre de l’environnement : « vous allez devoir reconstituer un noyau cohérent, vigoureux, sans querelles, renonçant aux joies paisibles d’une vie tranquille. Votre cause est meilleure que nous tous. En face, ceux qui possèdent veulent toujours posséder un peu plus. » Aujourd’hui encore, je tire ma force de cette leçon de F. Mitterrand. Je revendique cette lignée mitterrandienne, mais aussi ma manière de la revisiter à la lumière de ce qui s’est passé depuis en France et dans le monde.

Notre premier devoir, c’est l’unité car sans elle rien n’est possible. Ensuite, le courage requis pour une cause qui nous dépasse. Et la nécessité de mener des révolutions, des changements profonds. C’est la feuille de route que je vous propose. C’est ainsi que je conçois l’exercice de la responsabilité politique et le devoir d’un chef de l’Etat.

Les socialistes semblent toujours rechigner à faire bloc, mais ils finissent toujours par serrer les rangs. Il faut donc prendre les débats actuels avec philosophie car ce qui nous rassemble est plus grand que ce qui nous sépare sur tel ou tel point. Ici à Frangy, je sens votre espérance, votre ferveur, notre force collective. A nous de la faire croître afin demain, de retirer la France vers le haut. A nous de faire valoir cet ordre social juste qui rend possible la construction des sécurités durables permettant à chacun de vivre les changements et non pas que quelques-uns seulement s’en sortent. « Les besoins des uns sont solidaires de droits de tous » disait Blum.

Quelle est l’aspiration de tout être humain et quel est le sens de la politique ? Construire sa vie en liberté et le bonheur des siens, le droit élémentaire dont la conquête justifie notre combat.

Dans huit mois, deux visions s’affronteront de la société et du monde. Une autre France est possible, une autre que celle du déclin, des inégalités et du gaspillage des talents.

Or, dans la France d’aujourd’hui, les uns maîtrisent leur destin et celui de leurs enfants. Les autres, immenses, n’en sont pas sûrs. C’est le clivage le plus profond, l’inégalité la plus criante. Pour la droite, elle est naturelle, le résultat d’un tri ou d’une sélection : une société de ghettos où les individus s’opposent et s’ignorent. La suppression du service national a marqué la fin de l’endroit où les français de toutes conditions pouvaient se retrouver. Faire tomber les murs et bâtir des ponts, voilà le devoir de la gauche.

La gauche, ce n’est pas l’assistanat. C’est la liberté et les moyens de donner à chaque individu la responsabilité de construire sa vie. Ces valeurs sont progressistes et je les revendique pour les socialistes. C’est la gauche qui va redonner de la valeur au travail, au salaire, au pouvoir d’achat, à l’effort scolaire, à la sécurité sociale, familiale, des biens et des personnes : tout se tient.

Des salariés bien payés et bien formés, voilà ce qui crée la compétitivité et la croissance, et non l’abaissement des droits et des conditions de travail. Ce sont les forces libérales qui cassent la valeur travail. Qui licencient pour préserver la bourse ? C’est la droite. Qui réclame un smic au rabais ? C’est la droite. Qui considère les salariés comme des variables d’ajustement ? C’est la droite. Qui met les emplois aux enchères sur internet ? C’est la droite ? Qui trouve normal qu’un patron gagne en un an ce qu’un salarié ne gagnera jamais un salarié toute sa vie ? Qui fait exploser le nombre de « travailleurs pauvres », à 80 % des travailleuses pauvres ? C’est la droite. CNE, CDD, temps partiel subi, c’est encore et toujours la droite.

Les Français ne sont pas du tout fâchés avec la valeur du travail, mais ils sont insatisfaits de leurs conditions de travail. Il faut sortir de l’archaïsme des relations sociales. Plus de 80 % des salariés d’Europe du Nord sont syndiqués contre 8 % en France, donc le rapport de forces est inégal : il va falloir créer un syndicalisme de masse pour rééquilibrer les liens entre patrons et salariés. Pour que l’intérêt général soit pris en compte. Pour que les salariés soient entendus. Ce sont dans les pays avec un syndicalisme de masse que l’on trouve le nombre le plus faible de jours de grève et de licenciements collectifs. La sécurité sociale professionnelle va dans le même sens. Des entreprises qui gagnent en écoutant leurs salariés, c’est possible en France aussi.

Les Français en ont assez de la société du précariat. L’Etat manque à ses devoirs de protections. L’avenir des enfants est incertain. Quand le lien social se délite, le pacte national se brise. Je veux bâtir la République du respect qui fera des réformes justes car élaborées démocratiquement.

Il faudra aussi que l’Europe se relève. Quels qu’aient été nos votes, nous voulions une Europe plus sociale, plus environnementale, plus humaine, plus politique. La France a besoin d’une Europe qui pèse dans la mondialisation. Si elle est présidée à gauche, nous devrons relancer l’Europe dans le sens de l’emploi et de la croissance, engager une diplomatie commune avec les pays eurovolontaires, un budget pour vraiment financer les priorités. Bien sûr qu’un traité constitutionnel rejeté par les Français ne leur sera pas reproposé par les socialistes. Un autre texte, tenant compte de leur vote, recentré sur les institutions, les valeurs et les droits sociaux, sera élaboré avec nos partenaires et soumis ensuite aux Français par référendum.

Mais c’est par la preuve concrète que nous ferons avancer l’Europe. Deux chantiers s’imposent : l’Europe de l’environnement et de la recherche. Mettre nos chercheurs en commun pour faire reculer les catastrophes, les maladies, nous en avons les moyens, mais nous n’en avons pas eu la volonté. Si rien n’est fait, si le réchauffement de la planète continue alors que nous avons les intelligences nécessaires pour le contrer, si des guerres éclatent pour accéder à l’eau potable, alors nous serons coupables devant nos enfants et nos petits-enfants. L’environnement est un enjeu de sécurité, l’Europe doit y répondre et les socialistes y répondront.

Le monde actuel est instable et dangereux. La guerre du Liban, les menaces terroristes nous rappellent que la fin de la guerre froide ne l’a pas pacifié. Ce n’est pas une fatalité. Les guerres préventives aggravent les choses plus qu’elles ne les règlent et il n’y a plus que George Bush pour penser que le monde va mieux depuis l’intervention en Irak. La France n’a pas le droit d’être absente et égoïste. Préférons le pouvoir de convaincre à l’étalage de l’arrogance. Quels droits bafoués pouvons-nous utilement défendre ? Quelle aide efficace pouvons-nous apporter pour régler tel ou tel problème dans le monde. Le premier facteur de déstabilisation du monde, c’est la misère, les écarts qui se creusent, les humiliations de ceux qui peuvent ensuite être manipulés. La France doit commencer par respecter ses obligations. Elle est aujourd’hui 18ème sur 20 pays riches pour l’aide au développement. Cela nous fait honte. Non seulement l’aide est la plus faible, mais elle va à des pays peu démocratiques. Les Français ont le droit de savoir et de participer aux décisions qui les concernent. Trop longtemps, l’aide au développement et la diplomatie ont été confisquées par des experts : moi, je considère que c’est l’affaire de tous les Français. Quelle politique migratoire peut-on mettre en œuvre quand on est le plus mauvais élève d’Europe pour l’aide au développement ? Quelle aide peut être efficace quand il n’y a pas assez de transparence et trop de corruption avec certains régimes ? Le co-développement doit se faire avec les populations concernées, en s’appuyant sur les femmes qui font 90 % du travail de la terre et qui n’ont droit qu’à 5 % du soutien bancaire, pour faire reculer la déforestation, pour faire de l’énergie solaire, pour rendre accessible l’eau potable. Pour nous, à gauche, c’est cela l’utopie réalisable de notre siècle : que les pays pauvres, notamment l’afrique, sortent de la misère grâce au co-développement. C’est là que se situe la réponse à l’immigration. « L’immigration choisie » du ministre de l’Intérieur ne veut rien dire : on pillerait donc la matière grise de ces pays après avoir, comme nation colonisatrice, pillé leurs matières premières ?

Enfin, pour réaliser cela, il faudra accomplir une révolution démocratique et mettre en place une nouvelle République. La République fonctionne mal, c’est évident. L’intérêt général doit être remis au cœur de l’Etat et de la société. Les promesses électorales sont oubliées. Le dialogue social est archaïque. La décentralisation est dévoyée. Notre justice est abîmée. Et c’est l’Etat qui risque d’être affaibli. Le gouvernement n’a plus de boussole : on privatise sans le dire GDF, on expulse des enfants scolarisés dont les parents ne sont pas français.

Les Français ne sont pas respectés, pas entendus, pas associés. Je propose une révolution démocratique pour construire la République du respect. Le projet des socialistes propose aux Français une nouvelle république qui s’appuie sur une démocratie représentative – fondée sur un Parlement renforcé et des parlementaires bien présents à l’Assemblée nationale, une représentation de la diversité et de la parité, le non cumul des mandats, la responsabilité du chef de l’Etat – et une démocratie plus participative – avec des référendums d’initiative populaire et le référendum pour la grande réforme institutionnelle.

Moi, je crois aux citoyens experts. Certains s’en sont moqués, mais chacun d’entre nous est le mieux placé pour savoir quelles sont ses attentes, ses espérances. Quand on s’abstient, ce n’est pas de gaieté de cœur, mais parce que l’on sait que l’on n’est pas entendu. Plus les gens sont écoutés, plus ils sont associés, alors plus les réformes sont fortes et durables. Nous avons soif de considération, de maîtrise personnelle de nos existences, d’intelligence collective, de résultats sans gaspillage ni lenteur, avec l’aide de citoyens qui ne soient plus exclus d’une histoire qui est la leur. Je ne propose pas une gouvernance aseptisée réduite à la gestion à la marge des choses, mais une politique fondée sur l’exigence d’égalité qui est celle de la France.

Ce que je vous propose, c’est une révolution démocratique fondée sur l’intelligence collective des citoyens, sur une vraie décentralisation qui identifie les responsabilités et rend donc l’Etat plus efficace, sur une démocratie sociale dans l’entreprise qui permette de moderniser les relations sociales. Le respect crée la confiance et la confiance nourrit le désir d’avenir.

Arnaud a eu le tact de ne pas prononcer le mot de VIe République. Alors je le ferai et je dirai : cette réforme démocratique profonde, est-ce que cette réforme va conduire à une VIème République ? Faisons d’abord les choses et nommons les ensuite. Quand nous aurons accompli ces réformes institutionnelles et tenu parole, nous saurons si oui ou non nous avons su créer une nouvelle république. Et je vous donne rendez-vous pour savoir si nous avons réussi.

Le rôle d’un chef de l’Etat bien entouré est de tenir un cap. Il faudrait une expérience que bien peu possèdent ici bas. Bien sûr, c’est important. Mais ce qui compte, c’est de savoir mobiliser l’expérience politique de tous les talents qui veulent, tout simplement, que ça change.

Pour finir, ce que je veux vous dire, c’est qu’on verra ce que seront les prochaines échéances. A vous voir si nombreux rassemblés, je me sens la possibilité de vous dire un certain nombre de choses.

Si je suis en situation, je peux vous dire que la valeur travail sera reconstruite et avec elle, la famille consolidée, l’égalité éducative mieux assurée à l’école, le pacte social assuré. Quand un jeune a fait des efforts et qu’on lui propose le CPE, le pacte social est rompu. Quand les filles à l’embauche se voient proposer un salaire de 30 à 40 % inférieur à celui des garçons, le pacte social est rompu. Si je suis en situation, le pacte social sera tenu.

Si je suis en situation, la France sera le pays de l’excellence environnementale entraînant toute l’Europe et en 2008 nous serons fier du bilan de la présidence française.

Si je suis en situation, la France aura un vrai rôle dans le monde car nos actes correspondront enfin à nous discours.

Si je suis en situation, je dis à tous les jeunes de notre pays que demain, la France leur ouvrira ses bras car elle a besoin de toutes les forces de la jeunesse.

Si je suis en situation, les femmes sauront que leur temps est venu pour plus de justice, mais aussi pour le plus grand bonheur des hommes.

Oui, nous avons envie de voir en 2007 la France se relever et concrétiser ce désir d’avenir et de changement que nous voyons monter dans ce pays et ici à Frangy. C’est une obligation morale de gagner et de diriger la France. Pas pour nous, mais pour elle.

Notre responsabilité sera de poser les vrais débats, de respecter les électeurs, de tirer la campagne vers le haut. Cette victoire nous devons la construire patiemment. Je lance ici un appel au rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui veulent que ça change, que la France se redresse. Avec vous, j’ai confiance.”

Merci à www.levraidebat.com 

 

22 août 2006

L'UMP vise à coté

Les sarkozystes ont préféré l'humour à la polémique pour commenter la rentrée politique de l'élue PS.

 
LE DISCOURS de Ségolène Royal a inspiré quelques fleurs d'éloquence et beaucoup d'ironie dans les rangs du parti majoritaire. Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, voit en Ségolène Royal un croisement entre «la Pythie de Delphes dont les propos, énigmatiques, étaient interprétés par chacun comme il le souhaitait, et Alice qui s'émerveille de l'engouement qu'elle suscite». Egalement dans le registre antique, le député UMP Yves Jego moque «cette posture contemplative et incantatoire qui fait plus ressembler le ségolisme au chant des sirènes qu'à un projet politique». La porte-parole de l'UMP, Valérie Pécresse, regrette qu'«avec Mme Royal, on ait trop souvent le sentiment d'avoir l'image sans le son».
 
Le président (UMP) du conseil général de Côte d'Or, Louis de Broissia, qui a rencontré Ségolène Royal la veille de son discours dominical, a même rédigé un texte, intitulé Quand la dame du Poitou m'est apparue..., où il décrit, en style médiéval, ses impressions après une entrevue avec Ségolène Royal à Gevrey-Chambertin. Il dépeint avec perfidie sa rencontre avec «l'Apparition, celle de la dame qui se propose de bouter hors de France le mal et les malins» même si «son visage n'est pas encore couronné d'étoiles» et qu'«elle ne foule pas encore aux pieds le serpent».
 

Patrick Devedjian, député UMP des Hauts-de-Seine, voit dans le discours de Ségolène Royal «une volonté délibérée d'imiter la droite, jusqu'à la caricature. Son discours est fabriqué, il n'est pas ressenti. On voit bien qu'elle a compris quelles étaient les préoccupations des Français, mais elle n'y apporte aucune vision personnelle». Fataliste, il concède que «l'on est dans un moment Ségolène. On n'y coupera pas pour quelque temps encore». Mais il se dit confiant : «Jusque-là, elle avait su entretenir un certain mystère. Mais elle est obligée chaque jour de se montrer plus précise sur le fond. Peu à peu, le mystère va se dissiper. Et il y aura une déception».

 A mon avis, l'UMP se trompe en faisant dans l'ironie face à Ségolène Royal. Même si effectivement en pleine phase de crédibilisation de sa candidature, le moment est idéal pour l'attaquer. Petit à petit le loup sort du bois mais Ségolène n'est pas à traiter par le mépris pour autant, elle sait ce qu'elle fait et son équipe également.

Il faut comprendre que Ségolène crédibilise sa candidature en étant tout simplement : femme et moderne. Sa seule présence et ses quelques idées ringardisent tous les autres candidats PS. Ils ne semblent pas non plus que la vieille garde se rallie à elle après coup, mais en voudrait-elle encore? Les noms circulent déjà : Ayrault, Rebsamen, Dray, Montebourg, Gorce, Boutih, il semble bien que nous assistions à un renouvellement des cadres, chose improbable il y a encore quelques mois.

Féminité, modernité (quoi que cela veuille dire), renouveau, ça vous crédibilise une candidature tout cela. Le talon d'achille? Le projet du PS, comme un boulet au pied des candidats, le PS même, symbole d'une gauche que tout le monde vomit. Ségolène Royal a certes beaucoup de lacunes en relations internationales et ne semble pas avoir fait son aggionarmento européen mais cela on ne le demande plus à un candidat, à un Président oui mais seulement quand il est élu.

Pour l'instant il va falloir faire un peu plus sérieux pour contrer Notre Dame du Poitou. 

03 août 2006

La gauche incarnée

Montebourg a dit qu'il voudrait "être à Ségolène ce que Chevènement était à Jospin, l'incarnation de la gauche"

Si je résume bien, Jospin n'était pas de gauche et avait besoin d'une caution donc Ségolène n'est pas de gauche et

Montebourg le serait. Seulement Chevènement a fini pilonné comme suppôt de la droite pour avoir juste exposer

des vérités évidentes à la gauche aveugle et a fini au pilori. Si Montebourg se souhaite un destin semblable, c'est

courageux mais à la place de Ségolène je ne sais pas comment je le prendrais?

  

Ségolène c'est chaud

Lu dans le Monde du 1er août

"Canicule, les vraies causes, par Ségolène Royal" 

Un article pour ne rien dire si ce n'est reprocher la canicule et les dérèglements climatiques au gouvernement. Je suis un

peu  dérouté devant tant de désinvolture dans l'écriture et la construction de cet article qui n'apporte rien si ce n'est une 

opposition frontale et bête au gouvernement. On sent bien qu'elle est rentrée dans le moule politicien bête du Gauche - 

Droite, PS contre UMP, alors qu'elle s'était fait connaitre par ses positions allant à l'encontre du préchi précha socialiste 

habituel et là elle retombe dans le néant politique.

 

C'est dommage Madame Royal, on attendait beaucoup mieux de vous. On va finir par croire que j'y crois vraiment.

 

 

02 août 2006

Le retour de Yoyo

Lionel Jospin bientôt 70 ans se dit toujours disponible, il l'est depuis 1995 environ, pour faire sa dernière campagne.

 Seulement voilà il y a Ségolène qui l'écrase de toute sa hauteur; alors heureusement ses amis sont là : ils en appellent à

 la "lucidité des socialistes" devenue légendaire depuis 2002 pour qu'ils choisissent celui qui leur a tant donné.

 Parmi ces fidèles on remarque des pointures du calibre de Harlem Désir, Eric Besson, André Vallini, Annick Lepetit ou

encore le spoutnik politique de la mairie de Paris, j'ai nommé Anne Hidalgo alias la chienne de garde ou la 54ème salope 

ou quelque chose comme ça.

 Et Ségolène dans tout ça? Il parait que son silence sur le Liban et son semi échec lors de son déplacement en Corse offre 

une ouverture à Jospin et ses amis. Pourtant il a eu 5 ans pour gouverner, il s'est retiré, personne ne veut de lui chez les

militants socialistes mais lui s'imagine toujours un destin présidentiel. Décidemment les voies du Seigneur sont*

impénétrables. 

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